Fantastique·Historique

Les lavandières de Brocéliande d’Edouard Brasey

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En ce matin de la Toussaint 1943, la communauté des lavandières de Concoret, petit village en lisière de la forêt de Brocéliande, est saisie d’effroi quand Gwenn, une jeune orpheline, découvre l’une de ses consoeurs noyée dans le lavoir. Dahud, la doyenne et mère de la victime, incrimine les lavandières de la nuit, ces créatures surnaturelles qui, dans les légendes bretonnes, lavent les linges ensanglantés de leurs enfants mort-nés.

Mais les soupçons se portent sur deux suspects bien réels : Philippe de Montfort, jeune noble à qui l’on prête une liaison avec la défunte, et Loïc, un pauvre charbonnier bossu méprisé de tous. Les deux hommes inspirent à Gwenn, élevée par Yann, un vieux sage vivant dans les bois, des sentiments contradictoires : amitié, admiration, pitié ou amour ?

Quand Loïc est pourchassé par les S.S. qui l’accusent de terrorisme, Gwenn le conduit au Val-sans-Retour où se sont réunis, comme de nouveaux chevaliers de la Table ronde, de jeunes résistants réfractaires au STO. Mais la malédiction continue de poursuivre les lavandières de Brocéliande…

(Quatrième de couverture)

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Lu dans le cadre du Pumpkin automn challenge de Guimause, ce roman a su me séduire malgré de légers regrets. D’Edouard Brasey, je ne connaissais que des recueils de légendes. Premier roman découvert, j’ai à présent bien envie d’en lire d’autres.

Un savant mélange…

Ce roman nous concocte une belle potion magique en mélangeant histoire de famille et pincée d’Histoire, saupoudrés de folklore et de légendes. Tout commence en 1914, par un beau jour de printemps. Cinq amis se donnent rendez-vous à la fontaine de Barenton pour questionner la fée de la fontaine sur l’union future d’Edern et de Solenn. Mais tout ne se passe pas comme prévu. La fée s’est mise en colère.

Le roman nous projette alors des années plus tard, en 1943. Les cinq amis se sont séparés et leurs histoires personnelles embaument de secrets et de non-dits ; jusqu’au jour où Annaïg, la fille de l’une d’entre eux est retrouvée morte dans le lavoir. Les fils se dénouent…

Ce contexte d’une Bretagne encore très bercée par les légendes, fidèle à son patois, ses chants populaires et ses rites m’a énormément plu. Le choix de l’auteur d’implanter son histoire dans un contexte historique est également intéressant ; même s’il sert avant tout de décor. Il règne vraiment une ambiance particulière (mystérieuse, envoûtante) dans ce roman. Le style d’écriture de l’auteur n’y est pas pour rien. La forêt, ses légendes, les croyances populaires sont omniprésentes (et j’adore ça !). On sent la richesse des connaissances de l’auteur sur le sujet. L’histoire est assez sombre. Elle m’a par certains côtés fait penser à une tragédie shakespearienne.

« Cinq amis, à la vie, à la mort »

Tout l’intrigue découle de ce fameux jour de mai 1914. L’histoire se centre donc autour de Maëlle « la sorcière » ; Edern au sang bleu ; Solenn, aimée d’Edern ; Yann, le garde forestier et Hubert, frère cadet d’Edern ; et de leurs descendants.

De tous ces personnages, je ne me suis vraiment attachée à aucuns d’entre eux. Néanmoins, j’ai suivi leur histoire avec intérêt et perçu leurs émotions. J’ai aimé découvrir leurs secrets. Pourquoi en étaient-ils arrivés là ? Qu’est-ce qui avait fait d’Hubert un homme renfermé dans son château ? Pourquoi Maëlle était-elle si aigrie ? Que sont devenus Edern et Solenn ? Se sont-ils finalement mariés ? Qui est le père d’Annaïg, la fille de Maëlle ? Beaucoup de questions qui trouveront leur réponse, plus ou moins devinée.

Ce sont finalement ces histoires de famille et d’amitiés qui sont au cœur de l’intrigue ; plus que le meurtre d’Annaïg, annoncé dans la quatrième de couverture. Ne lisez pas ce livre si vous cherchez une enquête policière. Nous savons d’office qui est le coupable.

Autant nos cinq héros sont tout en nuances, autant Gwen, une lavandière, Loïc, un charbonnier bossu, et même Annaïg en manquent un peu. Si j’ai aimé la droiture et la gentillesse de Gwen, tout comme le côté innocent de Loïc, leurs traits de caractère font d’eux des personnages un peu pâlots qui seront vite oubliés.

Pour conclure ?

J’ai adoré l’ambiance de ce roman sous le voile des légendes bretonnes et arthuriennes. Amoureux des légendes, ce livre est pour vous ! Si j’ai quelques regrets, notamment au niveau des personnages, j’ai aimé découvrir leurs secrets. La plume de l’auteur est très agréable et l’intrigue suffisamment prenante pour passer un très bon moment. Attention tout de même, ne cherchez pas ici une intrigue policière sur le meurtrier d’Annaïg. Ce n’est clairement pas l’objet de ce livre.

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2 commentaires sur “Les lavandières de Brocéliande d’Edouard Brasey

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